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samedi 23 mars 2013

Serval : des familles souffrent aussi d'un déficit de com

"Communiquer est un acte de commandement" lisait-on il y a quelques années à la une d'une revue institutionnelle du ministère. Mais cette belle intention bute
souvent sur de nombreuses difficultés pratiques, comme c'est le cas dans l'opération Serval. Des témoignages convergents de familles de militaires de l'armée de terre engagés dans Serval me le confirment, évoquant une communication restrictive, quand elle n'est pas tout simplement inexistante. Mal ou pas informées, des proches de militaires peuvent avoir des réactions imprévisibles comme cela s'est déjà vu dans le passé.
La guerre que la France mène au Mali n'est pas la même qu'en Afghanistan : les infrastructures de communications civiles sont notamment bien moins robustes (1). Là où un italien offrait à prix d'or les minutes d'internet sur une FOB afghane, il n'y a rien ou presque au Mali. Même les satcom passent très mal dans l'Adrar.
La guerre a aussi changé de nature : il y a bien plus de terroristes en face, et cette concentration suscite des craintes. Il l'a dit, l'état-major redoute clairement que les journalistes ne transmettent des informations -vitales ou non- aux djihadistes. Les familles suscitent clairement les mêmes craintes (2). Les cas de fuites -évidemment non intentionnelles- furent, il est vrai, assez nombreuses pendant l'Afghanistan, même si elles n'ont pas fait les gros titres. Et même s'il reste difficile de déterminer  si elles ont eu ou pas un impact sur les opérations.
Donc, en limitant ce flot destiné aux familles, on limite ainsi ce risque : pas d'info, pas de photos, pas d'images, pas de papier, pas de fuite. C'est évidemment un retour en arrière, surtout après les possibilités données par l'armée en Afghanistan, avec la multiplications des  des communications de welfare au titre du confort du soldat. Mais c'est comme ça. De son côté, l'EMA expliquait hier soir qu'aucune consigne de communication restrictive n'avait été donnée.
Enfin, par delà ce cadre général, il reste les hommes. Chaque chef personnalise son style de commandement. Donc de communication.

(1) les satcom militaires n'ont pas les mêmes soucis, mais ils sont occupés à soutenir la guerre. Une guerre qui vient seulement de commencer. "Dans cette phase initiale de déploiement, écrit l'EMA, alors que la force reste encore très mobile, même si des solutions ont été ponctuellement mises en place, il n’a pas été déployé de dispositif permettant aux soldats permettant de contacter leurs proches. C’est bien sûr une difficulté technique et non une volonté de restreindre la communication".
(2) c'est par exemple ce qui avait amené un pacha de BPC à passer en EMCON, lors du mois précédent la tentative de libération de Denis Allex en Somalie.

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