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vendredi 1 février 2013

Les yeux du Serval brillent, même en plein jour

Passée l'urgence des frappes, les premières missions du Rafale avec le pod Reco-NG sont intervenues ces dernières 72 heures au nord-Mali. C'est le quatrième théâtre sur lequel ce couple opère en trois ans. Cela confirme aussi, si besoin était, le besoin important de renseignement pour ce théâtre, qui bénéficie d'une mobilisation jamais observée auparavant, sur aucun autre théâtre dans l'histoire moderne française.
En effet, Serval absorbe la moitié des ATL-2 en état de voler, mais aussi deux Mirage F1CR, des Rafale capables de missions Reco-NG, ainsi que des capacités spéciales de renseignement humain, au sol (1). L'escadron Poitou se chargeant aussi de coller et traiter du renseignement à fin de ciblage. En outre, deux drones Harfang sont engagés depuis Niamey (soit plus que 50% de la flotte). Comme les moyens des forces spéciales, ces engins peuvent assurer aussi bien le renseignement que le targetting coopératif au profit des effecteurs disponibles dans cette zone. Les exemples ne semblent pas manquer : leur bilan est responsable de l'essentiel des actions de feu de l'opération Serval, qui démontre ainsi que la conjonction de forces spéciales et de moyens aériens peut permettre d'atteindre des résultats de niveau tactique et stratégique.
On peut s'interroger, néanmoins, sur la capacité de l'arrière à traiter ce volume de renseignement ramené par les capteurs. C'était déjà un des renseignements  d'un petit livre à la couverture rouge écrit par votre serviteur à l'issue de l'opération Harmattan, il y a déjà deux ans. Et pour avoir vérifié il n'y a pas très longtemps, les capacités d'interprétation-photos n'ont pas connu de violente augmentation depuis 2011. Et je ne parle pas des retards pris par le dossier des drones (2).
Le renseignement, une priorité budgétaire ? Il n'est pas trop tard pour le graver dans le marbre d'un petit livre à la couverture blanche... et le traduire réellement dans la prochaine LPM.


(1) chaque unité de commandos de COS étant apte à cette mission.
(2) les Britanniques ont apporté un avion Sentinel, travaillant dans le spectre radar, et les Américains, un drone Global Hawk, incontournable par son endurance et la qualité de ses capteurs. D'autres drones, peut-être des hunter-killers, pourraient être de la partie, expliquant ainsi les frappes réalisées à Kidal, et que l'armée française a très tôt annoncées comme n'étant pas réalisées par elle.