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vendredi 11 janvier 2013

Les lacunes du renseignement aérien

La leçon tombe à point nommé, alors que le dossier des drones MALE n'en arrête pas de stagner. Même en cumulant tous ses moyens drones, l'armée de l'air aura du mal, en étant déployée à Niamey, à assurer une couverture temps réel, 24 heures sur 24, de la totalité de la zone de crise au Mali, en tout cas, pas sur une opération qui va durer plusieurs mois (1). En Afghanistan, avec trois drones, et un détachement humain réduit, l'armée de l'air ne volait pas tous les jours, mais la situation était différente : chaque minute de vol était utile. Ce blog a plusieurs fois tiré les bilans -positifs- du Harfang, mais également ses limites, en Libye et en Afghanistan.
Le Harfang peut bien voler 24 heures d'affilée, mais une partie de ce temps de vol ne produit pas du renseignement utile, le temps qu'il rejoigne sa zone de travail. En Israël, là où ces drones ont été conçus, cela n'a pas d'impact, car la zone d'opérations est très réduite. C'est tout l'inverse au Sahel.
La faute à une vitesse de transit trop basse, une des lacunes du Harfang, déjà amèrement constatée pendant les opérations en Libye. Les distances en jeu, comme c'est le cas au Sahel, limitaient singulièrement le playtime.
Seule solution, multiplier les capteurs aériens pour combler cette lacune capacitaire, et enrichir la connaissance de l'adversité. Depuis 2008, les forces spéciales ont très conséquamment enrichi leurs capacités en la matière. Malgré une boule pas très jeune, les Atlantique de la marine restent aussi compétitifs dans cette cueillette du renseignement image. Mais la France ne dispose que de très peu d'imagerie radar (sauf sur Rafale...) : sans cela, la boule optronique qui doit chercher des objectifs regarde le désert comme à travers une paille.
Enfin, le Tchad héberge deux capacités complémentaires au Tchad : un avion spécialisé, le Mirage F1CR peut réaliser des photos de très haute qualité à distance, une capacité utile si les adversaires disposent réellement de missiles sol-air. Par ailleurs, les Mirage 2000D disposent d'un mode de reconnaissance d'opportunité. Au total, cinq chasseurs, soutenus par un tanker, qui peut donner de l'endurance à ces avions.

(1) des vols continus ont néanmoins été réalisés dans des périodes critiques, mais sur une durée limitée : c'était notamment le cas suite à l'enlèvement de deux journalistes de France 3.